§116 — Ces courants forment un archipel de sensibilités partageant la centralité de la technique et le rêve de dépasser les limites humaines ; leurs hypothèses restent spéculatives mais orientent les choix sociaux et politiques.
Chapitre 3 › Ce que nous ne pouvons pas perdre › Récits de fond : transhumanisme et posthumanisme
Le texte du paragraphe — §116
Le transhumanisme et le posthumanisme comprennent en leur sein une multitude de courants et de sensibilités, et il est difficile d’en donner une description univoque. On peut les comparer à un archipel d’îles conceptuelles différentes, reliées toutefois par le même océan de présupposés : la centralité de la technique et le rêve de dépasser les limites de la condition humaine. En général, le transhumanisme imagine un renforcement de l’être humain grâce aux technologies (biomédecine, ingénierie corporelle, dispositifs, algorithmes), avec l’ambition d’accroître les performances et les capacités. Le posthumanisme, surtout dans ses versions les plus radicales, va plus loin : il critique l’anthropocentrisme et envisage une forme d’hybridation entre l’être humain, la machine et l’environnement, allant jusqu’à imaginer un franchissement de seuil où l’humanité se surpassera en entrant dans une nouvelle étape évolutive. Même si ces hypothèses restent en grande partie spéculatives, elles acquièrent une importance, car elles modifient l’imaginaire collectif et, par conséquent, orientent les choix sociaux, économiques et politiques.
Les affirmations qu’il éclaire
Laurent Alexandre
- Opposition — L’humanité est en train de se transformer en dieux technologiques (Homo Deus) : Le pape conteste le statut de réalité établie que l’auteur accorde à l’homme-Dieu : ces hypothèses restent en grande partie spéculatives, et c’est leur effet sur l’imaginaire collectif, non une certitude scientifique, qui leur donne du poids politique.