§127 — La tradition chrétienne affirme que l’être humain est appelé à se transcender, non pour fuir la réalité ou mépriser ses limites mais pour s’épanouir dans l’amour par l’œuvre de l’Esprit Saint, qui dépasse les facultés naturelles.
Chapitre 3 › Le véritable “plus qu’humain” : grâce et humanisme chrétien
Le texte du paragraphe — §127
L’expression “plus qu’humain” n’appartient pas seulement au langage des promesses techniques. Depuis des siècles, la tradition chrétienne affirme que l’être humain n’est pas enfermé dans les limites de sa propre nature, mais qu’il est appelé à se transcender : non pas pour fuir la réalité ou par mépris des limites, mais pour s’épanouir dans l’amour. La foi connaît un “au-delà” qui naît du don de Dieu. Cette transformation est l’œuvre de l’Esprit Saint. Comme l’enseignait saint Thomas d’Aquin, ce processus d’élévation et de transformation « dépasse les facultés naturelles », car il existe une distance infinie entre notre nature et la vie de Dieu. Cependant, il est possible de nous insérer au sein de cette vie inépuisable, tandis que nous marchons dans les limites de ce monde. Et celui qui rend ce chemin possible ne peut être que l’Infini qui se donne : c’est Dieu lui-même qui surmonte la disproportion “infinie”. C’est ainsi qu’a lieu la re-création de l’humain : « Si donc quelqu’un est dans le Christ, c’est une création nouvelle : l’être ancien a disparu, un être nouveau est là » ( 2 Co 5, 17).
Les affirmations qu’il éclaire
Laurent Alexandre
- Nuance — L’être humain peut se modifier lui-même mais seulement partiellement : Le pape partage l’idée que l’humain n’est pas enfermé dans les limites de sa nature, mais il déplace la transformation : elle n’est pas une modification technique de soi par l’homme, une insertion dans la vie de Dieu, et il la juge partielle sans la grâce.