§128 — Accepter la transcendance par la grâce ne rend pas moins humain : ce qui sauve l’humain est une relation qui libère, et une technologie qui classe et optimise ce qui existe déjà peut devenir un obstacle au changement, car pour une personne l’erreur peut être le début d’un changement profond.

Chapitre 3 › Le véritable “plus qu’humain” : grâce et humanisme chrétien

Le texte du paragraphe — §128

Lorsque nous acceptons cette possibilité de nous transcender par la grâce de Dieu, nous ne nous renions pas, nous ne devenons pas moins humains. Au contraire, comme l’expliquait le Pape François, « nous parvenons à être pleinement humains quand nous sommes plus qu’humains, quand nous permettons à Dieu de nous conduire au-delà de nous-mêmes pour que nous parvenions à notre être le plus vrai ».  C’est là que réside la différence radicale par rapport aux rêves prométhéens : ce qui sauve l’humain, ce n’est pas une autosuffisance renforcée, mais une relation qui libère, une communion qui transforme. Face à cela, une technologie qui classe et optimise ce qui existe déjà peut devenir, sans le vouloir, un obstacle au changement et à la croissance. Pour un algorithme, l’erreur est quelque chose à corriger ; pour une personne, elle peut être le début d’un changement profond. L’avenir d’une personne n’est pas prévisible, mais dépend de sa liberté portée par la grâce divine inépuisable, et des liens qu’elle cultive.

Les affirmations qu’il éclaire

Laurent Alexandre

  • Nuance — Prompter soi-même préserve l’effort intellectuel : Le pape rejoint l’idée que l’acte intellectuel ne doit pas être délégué à la machine, mais il pose une condition plus large : l’avenir d’une personne n’est pas prévisible et dépend de sa liberté portée par la grâce, ce qu’un algorithme, pour qui l’erreur est seulement à corriger, ne peut saisir.

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