§163 — À l’ère de l’IA et de la robotique, la main invisible du marché ne suffit plus : la politique doit orienter les dynamiques économico-technologiques vers le bien commun, avec une coopération internationale en faveur des plus vulnérables.
Chapitre 4 - Préserver l’humain dans la transformation - Vérité, travail, liberté › La dignité du travail dans la transition numérique › Une économie qui valorise la dignité
Le texte du paragraphe — §163
À plus forte raison, à l’ère de l’IA et de la robotique, il n’est plus possible de se fier uniquement à la “main invisible” du marché : la politique a pour mission d’orienter les dynamiques économico-technologiques vers le bien commun, en favorisant un travail décent, l’inclusion sociale et une égale répartition des bénéfices de l’innovation. Comme de nombreuses décisions économiques dépassent les frontières des États, une coopération internationale capable de définir des stratégies communes est également nécessaire, surtout en faveur des pays et des groupes les plus vulnérables, afin de promouvoir le développement et de dépasser l’assistanat. La logique qui inspire ces choix est celle de l’infinie dignité de chaque personne, du bien commun et d’un monde véritablement pensé pour tous. L’interdépendance entre paix et développement, comme l’écrivait prophétiquement en 1967 saint Paul VI, pourrait ainsi être actualisée aujourd’hui : la prospérité ne peut contribuer à construire et à renforcer la paix que si elle est généralisée, inclusive et durable.
Les affirmations qu’il éclaire
Laurent Alexandre
- Opposition — Freiner l’IA est impossible et laisserait la Chine dominer : L’encyclique conteste l’idée que freiner l’IA serait une illusion et que les traités internationaux désarmeraient seulement l’Occident : elle appelle une coopération internationale capable de définir des stratégies communes au service du bien commun et des pays les plus vulnérables.
- Nuance — La classe politique ignore la technologie et doit rester aux mains des humains : Le pape partage le constat que le pouvoir politique doit garder la main sur les transformations technologiques, mais il en fait un devoir positif de la politique — orienter l’économie vers le bien commun — plutôt qu’un simple constat d’incompétence des politiciens.
- Nuance — Le revenu universel est un bon sentiment qui mène à l’enfer social : Le pape converge avec Laurent Alexandre sur le refus de l’assistanat, qu’il demande de dépasser, mais il maintient la fiscalité redistributive et l’inclusion sociale comme réponses à la concentration de la richesse, là où l’auteur rejette le revenu universel.