§201 — La culture de la puissance vient de la crise du multilatéralisme : les institutions du destin commun sont affaiblies et le monde retombe dans un multipolarisme désordonné où règne la méfiance.

Chapitre 5 - La culture du pouvoir et la civilisation de l’amour › La culture du pouvoir › La crise du multilatéralisme

Le texte du paragraphe — §201

La culture de la puissance découle également de la crise du système multilatéral. Les institutions créées pour défendre l’idée d’un destin commun des peuples et d’un bien commun mondial semblent affaiblies, non seulement en raison de limites structurelles, mais aussi parce qu’il manque souvent une volonté commune de les soutenir, de les réformer et de reconnaître leur autorité morale. Au lieu de progresser, nous reculons par rapport au tournant historique du XXe siècle. Après 1989, l’effondrement en Europe des régimes communistes s’est accompagné d’une mondialisation essentiellement économique, dépourvue d’une architecture politique adéquate capable de soutenir le dialogue et la paix. On a confié presque aveuglément aux marchés la capacité de produire bien-être, démocratie et stabilité, alors qu’en réalité la mondialisation n’a pas généré automatiquement l’unité et la paix, mais a suscité des réactions fondamentalistes, identitaires et nationalistes. Le résultat est loin d’un multilatéralisme authentique : il s’apparente plutôt à un multipolarisme désordonné et conflictuel, où prévaut la méfiance envers l’autre.

Les affirmations qu’il éclaire

Laurent Alexandre

  • Opposition — Freiner l’IA est impossible et laisserait la Chine dominer : Le pape défend les institutions multilatérales comme l’architecture politique capable de soutenir le dialogue et la paix, et déplore le manque de volonté commune de les soutenir et de les reconnaître ; il contredit ainsi l’idée que les traités internationaux seraient une illusion enfantine et que la seule issue soit de ne pas freiner l’IA au profit de la dictature chinoise.

← §200 · Sommaire · §204 →