§112 — Le risque n’est pas seulement le mauvais usage des technologies mais le paradigme technocratique qui fait passer pour normale une vision anti-humaine fondée sur l’efficacité, l’accumulation et le contrôle.
Chapitre 3 › Ce que nous ne pouvons pas perdre
Le texte du paragraphe — §112
Après avoir rappelé les questions de responsabilité et de gouvernance de l’IA, il faut revenir à notre thème central : que signifie préserver l’humain ? Le risque n’est pas seulement que certaines technologies soient mal utilisées, mais que le paradigme technocratique dans lequel nous sommes plongés, renforcé par la révolution numérique et l’IA, fasse passer pour juste et normale une vision anti-humaine, selon laquelle la plénitude de la vie consisterait à avoir plus, à réduire la fragilité, à éliminer l’imprévu, à contrôler chaque chose. Lorsque l’efficacité devient la mesure de la valeur, l’être humain est tenté de se considérer comme un projet à optimiser plutôt que comme une créature appelée à la relation et à la communion.
Les affirmations qu’il éclaire
Laurent Alexandre
- Opposition — Il souhaite éliminer la mort sans supprimer l’humanité : Le pape conteste le présupposé de l’élimination de la mort : présenter la plénitude de la vie comme l’effacement de la fragilité et de l’imprévu revient, selon ce paragraphe, à une vision anti-humaine.
- Opposition — L’IA est une valeur économique et un moyen de vie riche : Le pape refuse que la valeur de la vie se mesure à la richesse permise par l’IA : lorsque l’efficacité devient la mesure de la valeur, l’humain devient un projet à optimiser au lieu d’une créature appelée à la relation.