§114 — La qualité d’une civilisation se mesure à l’attention offerte et à la capacité de prendre soin, qui s’apprend par l’expérience ; la technologie peut soutenir l’attention mutuelle sans priver l’humain de liberté ni de jugement.

Chapitre 3 › Ce que nous ne pouvons pas perdre

Le texte du paragraphe — §114

La qualité d’une civilisation ne se mesure pas à la puissance de ses moyens, mais à l’attention qu’elle sait offrir, à sa capacité à reconnaître l’autre comme un visage et non comme une fonction. La capacité à prendre soin les uns des autres est une dimension importante de notre humanité. Cette capacité s’apprend et se perfectionne avec l’expérience. Lire des contes à un enfant, tenir compagnie à une personne âgée, rendre un espace accueillant sont des gestes qui se vivent dans un environnement familial mais qui nous aident à apprendre et à intérioriser l’importance de la bienveillance au niveau social et nous entraînent à reconnaître l’autre comme une personne digne d’attention. La technologie peut aussi soutenir l’attention mutuelle entre les personnes, par exemple si elle offre des instruments qui aident à prévenir et à organiser, mais sans priver de liberté ni de jugement l’être humain, sujet des relations et responsable des décisions.

Les affirmations qu’il éclaire

Laurent Alexandre

  • Opposition — L’IA surpasse les médecins en diagnostic et en empathie : Le pape conteste l’idée d’un contact humain remplaçable : la capacité de prendre soin est une dimension de l’humanité qui s’apprend par l’expérience, et la technologie doit rester un instrument au service du jugement humain, non un substitut de la relation.
  • Opposition — Les robots sont préférables aux humains pour prendre soin des personnes âgées : Le pape répond directement à la préférence pour les robots en EHPAD : tenir compagnie à une personne âgée est un geste qui se vit dans l’expérience humaine et intériorise la bienveillance sociale ; la technologie peut seulement soutenir l’attention, sans la remplacer.

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