§118 — La limite — maladie, vieillesse, vulnérabilité — est perçue comme un défaut à corriger, alors que l’humain s’épanouit souvent à travers elle ; il faut à la fois lutter contre la souffrance et reconnaître la finitude constitutive.

Chapitre 3 › Ce que nous ne pouvons pas perdre › La limite, le cœur, la grandeur de l’être humain

Le texte du paragraphe — §118

Notre rapport à la vie semble aujourd’hui en crise. Tout ce qui apparaît comme une “limite” – incapacité, maladie, vieillesse, souffrance, vulnérabilité – tend à être perçu avant tout comme un défaut à corriger, plutôt qu’un espace où l’humain mûrit et s’ouvre à la relation. Or, nous devons nous rappeler que l’humain ne s’épanouit pas malgré la limite, mais souvent à travers la limite. Une vision de la réalité à la lumière de la foi aide à reconnaître ce que nous appelons la “contingence” des choses de ce monde. Si, d’une part, il est de notre devoir d’essayer d’éliminer la souffrance qui marque la vie humaine, d’autre part, il est sage de reconnaître notre finitude constitutive, sachant que « l’expérience religieuse, et en particulier la foi chrétienne, proposent d’habiter, sans simplifications, cette ambivalence entre la grandeur et la limite de l’humain, en la lisant à la lumière de la relation originelle et fondatrice avec Dieu ».

Les affirmations qu’il éclaire

Laurent Alexandre

  • Opposition — L’espérance de vie augmentera fortement et certains vivront mille ans : Le pape répond à la perspective d’une espérance de vie indéfiniment prolongée : la finitude est constitutive de l’humain et la foi propose d’habiter sans simplification l’ambivalence entre grandeur et limite, ce qui contredit l’idée d’une vie longue comme simple correction d’un défaut.
  • Nuance — La science-fiction d’hier deviendra médecine-réalité grâce aux NBIC : Le pape admet le devoir d’éliminer la souffrance, ce qui rejoint l’usage médical des NBIC, mais il refuse que la limite soit traitée comme un simple défaut à corriger : elle reste un espace où l’humain mûrit et s’ouvre à la relation.

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