§132 — Les plateformes et l’IA amplifient la désinformation en broulant la frontière du vrai et du faux, mais la vérité ne naît pas d’un contrôle automatisé : elle est rationnelle par la vérification et surtout relationnelle, fondée sur la confiance.

Chapitre 4 - Préserver l’humain dans la transformation - Vérité, travail, liberté › La vérité comme bien commun › Vérité et démocratie

Le texte du paragraphe — §132

L’utilisation des plateformes numériques et des systèmes d’IA accélère les profonds changements qui touchent la communication publique et politique. Des outils qui pourraient favoriser le débat et la participation sont souvent utilisés pour construire des récits déformés et brouiller les frontières entre le vrai et le faux, en mélangeant données et opinions. La désinformation n’est pas née avec l’IA, mais elle trouve aujourd’hui en elle un puissant multiplicateur. La possibilité de manipuler des contenus, des images et des vidéos expose les citoyens à des perspectives partielles ou trompeuses. Le problème touche à la dimension culturelle et morale, car la qualité de la communication publique dépend directement de la confiance sociale et a une incidence sur celle-ci. Une information véridique, en effet, ne naît pas d’un contrôle centralisé ou automatisé. Dans le discours public, la vérité des faits possède une dimension rationnelle car elle exige la vérification, le recoupement des sources et la responsabilité argumentative ; mais la vérité est encore plus relationnelle, elle se construit à travers des liens de confiance et des pratiques partagées, dans une confrontation honnête avec les autres et avec le monde. Seule la recherche partagée de la vérité des faits, considérée comme un bien commun, peut fonder une communication juste.

Les affirmations qu’il éclaire

Laurent Alexandre

  • Nuance — L’IA est un tsunami qui rend la vérité fabriquable : Le pape confirme que l’IA est un puissant multiplicateur de la désinformation et des faux contenus, mais il nuance le tableau : la désinformation existait avant l’IA et la vérité ne se réduit pas aux faits vérifiés, elle se construit dans des liens de confiance et une recherche partagée considérée comme un bien commun.

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