§185 — Une culture de la force faite de polarisations et de violences s’étend : affrontement entre impérialismes et course aux technologies toujours plus puissantes selon une dynamique déshumanisante, mais une grande partie de l’humanité cherche à rester humaine et à construire la cité de la paix.

Chapitre 5 - La culture du pouvoir et la civilisation de l’amour

Le texte du paragraphe — §185

Si l’on observe la dynamique mondiale, on constate toujours plus clairement l’expansion d’une culture de la force, faite de polarisations et de violences. La Babel moderne n’est pas seulement le paradigme technocratique mondialisé, mais aussi l’affrontement à distance entre des impérialismes opposés, entre des puissances qui veulent conserver leur suprématie et celles qui aspirent à la conquérir, avec une multitude de conflits locaux. C’est aussi la course au développement de technologies toujours plus puissantes, ou à s’en assurer le contrôle, selon une dynamique déshumanisante qui semble ne connaître aucune limite. Et pourtant, à côté de cette dérive, nous entrevoyons une grande partie de l’humanité qui cherche à rester humaine et à s’employer à construire la cité de la paix et de la coexistence. Nous en sommes tous souvent les artisans inconscients et les architectes désunis, capables d’élans généreux mais dépourvus d’une vision d’ensemble : c’est une construction plus lente, moins visible et moins spectaculaire, qui attend d’être mieux comprise et mieux coordonnée, pour devenir ainsi l’engagement conscient et structuré de chaque communauté, de la famille au gouvernement des États et à leurs relations. C’est à cet horizon d’engagement, à ce chantier d’espérance, que nous donnons le nom de « civilisation de l’amour ».

Les affirmations qu’il éclaire

Laurent Alexandre

  • Opposition — Freiner l’IA est impossible et laisserait la Chine dominer : Le paragraphe décrit la course au contrôle des technologies entre puissances comme une dynamique déshumanisante, alors que Laurent Alexandre la présente comme une nécessité pour ne pas laisser la dictature chinoise dominer ; le pape oppose à cette logique une humanité qui cherche à rester humaine.
  • Opposition — Le transhumanisme est devenu inéluctable par la compétition internationale : L’encyclique refuse le cadre de l’inéluctabilité : la course aux technologies n’est pas une fatalité, car une partie de l’humanité construit une voie alternative, plus lente mais consciente et structurée, nommée civilisation de l’amour.

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