§80 — À l’ère numérique, la justice impose d’empêcher les nouvelles exclusions : accès équitable aux technologies, protection contre la surveillance et les algorithmes opaques, contrôle public des données au service de la dignité et non du seul profit.
Chapitre 2 - FONDEMENTS ET PRINCIPES DE LA DOCTRINE SOCIALE DE L’ÉGLISE › Les principes de la Doctrine sociale › Le principe de la justice sociale
Le texte du paragraphe — §80
À notre époque, la justice sociale doit également faire face au contexte généré par les technologies numériques. La diffusion des réseaux mondiaux, des plateformes et des systèmes d’intelligence artificielle modifie la manière dont nous nous informons, communiquons et accédons aux services. La justice exige que l’on empêche l’émergence de nouvelles formes d’exclusion et de privation de liberté : des personnes et des peuples se voyant refuser ou restreindre l’accès aux technologies de base, des communautés exposées à une surveillance invasive, des groupes sociaux pénalisés par des algorithmes opaques qui reproduisent préjugés et discriminations. À l’ère du numérique, un ordre social juste est celui qui garantit à tous un accès équitable aux opportunités, protège les plus petits et les plus fragiles, lutte contre la haine et la désinformation, et soumet l’utilisation des données et des technologies à un contrôle public, afin que le critère ne soit pas uniquement le profit, mais la dignité de chaque personne et le bien des peuples.
Les affirmations qu’il éclaire
Laurent Alexandre
- Nuance — L’Europe est un nain technologique qui se réglemente elle-même : Le pape rejoint Laurent Alexandre sur le retard technologique de l’Europe, mais il transforme la réglementation en exigence de justice : le contrôle public des données et des technologies est nécessaire, à condition que son critère soit la dignité de chaque personne et le bien des peuples plutôt que le profit.