§10 — Le syndrome de Babel est l’idolâtrie du profit, l’uniformité et la prétention d’un langage numérique capable de tout traduire en données et performances, risque de déshumanisation ; la voie de Néhémie propose de bâtir ensemble dans le pluralisme et l’écoute.

INTRODUCTION › Deux icônes bibliques

Le texte du paragraphe — §10

Évitons donc le “syndrome de Babel” : l’idolâtrie du profit qui sacrifie les plus faibles, l’uniformité qui gomme les différences, la prétention d’un langage unique – y compris numérique – capable de tout traduire, même le mystère de la personne, en données et en performances. C’est là le risque de la déshumanisation – construire l’avenir en excluant Dieu et en réduisant l’autre à un moyen –, une tentation ancienne et toujours nouvelle qui prend aujourd’hui aussi un visage technique. Choisissons plutôt la “voie de Néhémie” mettant en évidence la valeur du travail partagé pour rendre sûre la cité de Dieu pour les exilés de retour. Reconstruire aujourd’hui, c’est reconnaître que, dans la pluralité des voix et des visions rappelant parfois la dispersion des langues, il existe néanmoins une possibilité lumineuse : celle de bâtir ensemble, en transformant la diversité en ressource et en faisant de l’écoute comme du dialogue le terrain d’entente sur lequel faire grandir la justice et la fraternité. Au sein de cette œuvre commune, les chrétiens trouvent leur propre manière de construire : orienter l’action vers Dieu afin que, à sa lumière, le pluralisme ne se disperse pas dans le désordre, mais devienne, dans l’exercice de la synodalité, l’espace où l’humanité retrouve ses fondements solides et sa fin ultime. Dans l’Apocalypse, Jean voit la nouvelle Jérusalem « qui descendait du ciel, de chez Dieu » (Ap 21, 2) comme un don pour toute l’humanité. Et cette vision de grâce est pour nous, chrétiens, un appel à œuvrer ensemble, en cultivant une vie commune pacifique, juste et digne dans les “cités” d’aujourd’hui.

Les affirmations qu’il éclaire

Laurent Alexandre

  • Opposition — L’intelligence individuelle ne vaut plus rien face à l’IA : Le pape refuse la réduction de la personne à des données et à des performances, ce qui contredit la hiérarchie de valeur fondée sur la seule intelligence mesurable ; il défend le mystère de la personne comme irréductible à l’évaluation technique.

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