§129 — L’humanisme chrétien assume la science et la technique avec gratitude, à condition qu’elles restent au service du bien commun, de la justice et des plus fragiles ; le choix décisif est entre un progrès au service de la personne et un progrès soumis à des logiques de pouvoir.
Chapitre 3 › Deux cités et deux amours
Le texte du paragraphe — §129
L’humanisme chrétien ne rejette pas la science et la technique, mais les assume avec gratitude et réalisme, et les inscrit “les pieds sur terre” dans une vocation plus élevée. L’intelligence créative de l’être humain est un don qui peut soulager les souffrances et ouvrir de nouvelles possibilités, mais elle doit rester au service du bien commun, de la justice, de la protection des plus fragiles et de la création. En ce sens, le véritable choix ne se situe pas entre l’enthousiasme et la peur, mais entre deux façons de construire : un progrès au service de la personne et des peuples, ou un progrès qui les soumet à des logiques de pouvoir. En fin de compte, la question décisive reste celle posée par saint Jean-Paul II : l’IA rend-elle« la vie humaine sur la terre “plus humaine” à tout point de vue ? La rend[-elle] plus “digne de l’homme” ? ». Si la réponse est oui, alors nous pouvons y reconnaître une opportunité à accueillir avec responsabilité, dans un chemin de reconstruction patiente et partagée, sur le modèle de la renaissance de Jérusalem racontée dans le livre de Néhémie. Si, au contraire, la puissance grandit tandis que le cœur s’assèche et que les liens se rompent, alors nous sommes face à une nouvelle forme de Babel : une construction grandiose, mais inhumaine.
Les affirmations qu’il éclaire
Laurent Alexandre
- Nuance — L’IA est une valeur économique et un moyen de vie riche : Le pape n’exclut pas la valeur économique de l’IA ni les possibilités qu’elle ouvre, mais il la subordonne : l’intelligence créative doit rester au service du bien commun et des plus fragiles, et la question décisive est si l’IA rend la vie humaine plus digne de l’homme.