§39 — Dans Centesimus annus, Jean-Paul II apprécie la démocratie quand elle garantit la participation des citoyens et empêche la monopolisation du pouvoir par des élites, et n’approuve le marché que soumis à la loi morale et à la solidarité.
Chapitre 1 - UNE PENSÉE DYNAMIQUE FIDÈLE À L’ÉVANGILE › L’évolution du Magistère social de Léon XIII à nos jours › Le Magistère récent
Le texte du paragraphe — §39
À l’occasion du centenaire de Rerum novarum, l’Encyclique Centesimus annus offre enfin un discernement sur l’effondrement du système soviétique et l’affirmation de la démocratie et de l’économie de marché. Saint Jean-Paul II réitère le message de Pie XII selon lequel l’Église peut apprécier la démocratie dans la mesure où elle garantit la participation effective des citoyens, permet de choisir et de remplacer pacifiquement les dirigeants et empêche que le pouvoir ne soit monopolisé par des élites restreintes motivées par des intérêts particuliers ou idéologiques. De même, elle reconnaît le potentiel positif du marché et de l’initiative privée uniquement s’ils restent soumis à la loi morale et guidés par le principe de solidarité, sans sacrifier les plus faibles à la logique du profit. La Doctrine sociale de l’Église laisse ainsi un héritage particulièrement actuel : l’affirmation du lien entre dignité du travail, solidarité entre les peuples et évaluation critique de la démocratie et de l’économie de marché continue à offrir des critères pour juger les nouvelles formes d’exploitation, d’exclusion et de crises de la représentation politique.
Les affirmations qu’il éclaire
Laurent Alexandre
- Accord — La classe politique ignore la technologie et doit rester aux mains des humains : Le pape va dans le même sens que Laurent Alexandre sur la nécessité de garder le pouvoir politique aux mains des humains : la démocratie ne mérite d’être appréciée que si les citoyens participent effectivement et si le pouvoir n’est pas monopolisé par des élites restreintes, ce qui offre des critères pour juger les crises de la représentation politique.