§40 — Dans Caritas in veritate, Benoît XVI redéfinit le développement comme une croissance réelle, inclusive et durable, constate de nouvelles formes d’exclusion et un pouvoir politique des États réduit par la mobilité des capitaux.

Chapitre 1 - UNE PENSÉE DYNAMIQUE FIDÈLE À L’ÉVANGILE › L’évolution du Magistère social de Léon XIII à nos jours › Le Magistère récent

Le texte du paragraphe — §40

Dans son Encyclique sociale Caritas in veritate, le Pape Benoît XVI a souhaité reprendre et approfondir le concept de développement présenté dans Populorum progressio, en le replaçant dans le contexte de la mondialisation. Il rappelle que ce développement devrait se traduire par « une croissance réelle, qui s’étende à tous et soit concrètement durable », c’est-à-dire par un progrès économique véritablement inclusif et respectueux des limites de la création. Il constate toutefois que, dans les pays riches, de nouvelles catégories de pauvres apparaissent et que des formes inédites d’exclusion se multiplient, tandis que, dans les régions plus pauvres, de petits groupes vivent dans un bien-être consumériste qui cohabite avec des situations de misère déshumanisante. Il observe en outre que le nouveau système économique et financier mondial, caractérisé par une grande mobilité des capitaux et des moyens de production, a réduit le pouvoir politique des États ainsi que leur capacité à orienter les processus économiques. C’est pourquoi il réaffirme que l’activité économique ne peut prétendre résoudre les problèmes sociaux en élargissant simplement la logique du marché, mais qu’elle doit être ordonnée au bien commun, envers lequel la communauté politique porte une responsabilité propre et irremplaçable.

Les affirmations qu’il éclaire

Laurent Alexandre

  • Opposition — Freiner l’IA est impossible et laisserait la Chine dominer : L’encyclique conteste la logique par laquelle la puissance économique ou technologique dicterait l’ordre politique : le pouvoir des États ne doit pas être réduit par la mobilité des capitaux, et l’activité économique ne peut résoudre les problèmes sociaux en élargissant la seule logique du marché, car elle doit être ordonnée au bien commun sous la responsabilité propre de la communauté politique.

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