§85 — Le développement humain intégral fournit le critère pour lire la révolution numérique : les innovations, notamment l’IA, ne sont pas neutres et doivent être évaluées selon qu’elles font grandir les personnes en humanité et en fraternité.
Chapitre 2 - FONDEMENTS ET PRINCIPES DE LA DOCTRINE SOCIALE DE L’ÉGLISE › Le développement humain intégral
Le texte du paragraphe — §85
Ainsi compris, le développement humain intégral est l’horizon à partir duquel nous pouvons lire les transformations de notre temps, y compris celles de la révolution numérique. Les innovations technologiques – notamment l’intelligence artificielle – ne sont pas neutres : elles peuvent favoriser la participation et la justice, ou bien aggraver les inégalités, le contrôle et l’exclusion. C’est pourquoi elles doivent être évaluées à l’aune d’une question décisive : contribuent-elles réellement à faire grandir les personnes et les peuples en humanité et en fraternité, dans le respect de la Maison commune et des générations futures ? C’est là que les principes de la Doctrine sociale deviennent des critères concrets de discernement pour les thématiques que nous aborderons dans les chapitres suivants.
Les affirmations qu’il éclaire
Laurent Alexandre
- Opposition — L’IA divise l’humanité entre adaptés et laissés pour compte : L’encyclique traite l’exclusion engendrée par l’IA comme une dérive à corriger par les principes de justice et de fraternité, alors que Laurent Alexandre présente le clivage entre adaptés et laissés pour compte comme un fait central et quasi inéluctable de l’ère de l’IA.
- Nuance — L’IA accroît les inégalités mais leur coût peut baisser : Le pape admet que l’IA peut favoriser la participation et la justice, mais il pose la condition que le critère reste le développement intégral : si l’innovation aggrave les inégalités, elle ne constitue pas un progrès au sens de la Doctrine sociale, ce qui nuance le bilan inégalitaire présenté comme acceptable par Laurent Alexandre.