§120 — La souffrance intérieure ne doit pas être refoulée mais intégrée : éliminer toute douleur reviendrait à éteindre l’amour et le désir, et renoncer à cette aventure au nom du dépassement des limites ne serait plus être humain.

Chapitre 3 › Ce que nous ne pouvons pas perdre › La limite, le cœur, la grandeur de l’être humain

Le texte du paragraphe — §120

Même lorsque la limite se manifeste par des souffrances intérieures, la sagesse humaine nous enseigne à ne pas la refouler ni la réprimer, mais à l’intégrer. Pour éliminer totalement la douleur, il faudrait, au fond, éteindre aussi l’amour et le désir. En effet, celui qui aime et désire ne peut éviter de passer par l’épreuve et la souffrance, et c’est pourquoi, au fil des ans, nous gardons en nous des enseignements qui s’impriment comme des cicatrices, mémoire du chemin parcouru entre liberté et chutes, rêves et déceptions. Ce n’est que grâce à l’entrelacement de ces éléments que, dans le cœur, se produisent ces merveilles de l’âme qui nous font savourer la saveur la plus douce de notre humanité.  Renoncer à cette aventure, à la fois dramatique et splendide, au nom d’un prétendu dépassement de toutes les limites, pourrait signifier bien des choses mais pas être humain.

Les affirmations qu’il éclaire

Laurent Alexandre

  • Opposition — Il souhaite éliminer la mort sans supprimer l’humanité : Le pape conteste le projet d’éliminer la mort : la douleur est entrelacée à l’amour et au désir, et le dépassement de toutes les limites, même en conservant l’humanité, ne serait plus une vie humaine.

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