§94 — Saint Paul VI avait averti que les progrès scientifiques et économiques, sans authentique progrès social et moral, se retournent contre l’homme : le progrès technique exige un discernement de la vision anthropologique et des fins qu’il poursuit, sous peine de voir les moyens croître sans que la personne grandisse.
Chapitre 3 › Le paradigme technocratique et le pouvoir numérique
Le texte du paragraphe — §94
Le danger que l’humanité devienne victime de ses propres conquêtes avait déjà été clairement perçu par saint Paul VI, lorsqu’il avertissait que « les progrès scientifiques les plus extraordinaires, les prouesses techniques les plus étonnantes, la croissance économique la plus prodigieuse, si elles ne s’accompagnent d’un authentique progrès social et moral, se retournent en définitive contre l’homme ». C’est pourquoi le progrès technique, précieux en soi, exige un discernement quant à la vision anthropologique qui le guide et aux fins qu’il poursuit. Si le développement technologique se poursuit sans une maturation éthique et sociale adéquate, il peut arriver que les moyens augmentent sans que l’humanité ne croisse dans la même mesure : on “a plus” mais on “n’est pas plus”, et la personne risque d’être évaluée avant tout en fonction des performances qu’elle garantit.
Les affirmations qu’il éclaire
Laurent Alexandre
- Opposition — L’IA est une valeur économique et un moyen de vie riche : Contre l’idée que la valeur économique et une vie riche suffisent, l’encyclique distingue avoir et être : on « a plus » sans être « plus », et la personne ne doit pas être évaluée selon les performances qu’elle garantit.
- Accord — Le versant social et humaniste du progrès technologique reste à travailler : Le pape va dans le même sens : le progrès technique, précieux en soi, reste insuffisant sans maturation éthique et sociale, le versant moral et social devant accompagner la puissance des moyens.