§95 — Dans le contexte numérique, le contrôle des plateformes, des infrastructures, des données et de la puissance de calcul appartient à de grands acteurs économiques et technologiques plutôt qu’aux États, ce pouvoir concentré devenant opaque et générateur de dépendances, d’exclusions, de manipulations et d’inégalités.

Chapitre 3 › Le paradigme technocratique et le pouvoir numérique

Le texte du paragraphe — §95

Il convient ici de reconnaître un fait déterminant, que j’ai déjà rappelé précédemment : dans de nombreux cas, dans le contexte numérique, le contrôle des plateformes, des infrastructures, des données et de la puissance de calcul n’appartient pas aux États, mais à de grands acteurs économiques et technologiques qui, dans les faits, fixent les conditions d’accès, les règles de visibilité et les possibilités de participation. Lorsqu’un pouvoir d’une telle ampleur se concentre entre quelques mains, il tend à devenir opaque et à échapper au contrôle public, et augmente le risque d’un développement faussé qui engendre de nouvelles dépendances, des exclusions, des manipulations et des inégalités.

Les affirmations qu’il éclaire

Laurent Alexandre

  • Nuance — L’Europe est un nain technologique qui se réglemente elle-même : Le pape confirme le constat d’un déséquilibre où la puissance numérique échappe aux États, mais il ne traite pas la réglementation comme un simple défaut : ce pouvoir concentré doit être ramené sous contrôle public, faute de quoi il fausse le développement.
  • Nuance — L’IA accroît les inégalités mais leur coût peut baisser : L’encyclique reconnaît l’aggravation des inégalités, mais les attribue à la concentration du pouvoir numérique et à ses règles d’accès plutôt qu’à la seule dynamique de l’IA, et elle refuse de tenir ce résultat comme acceptable.

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