§113 — Absolutiser une seule faculté est une erreur : l’intelligence prise comme mesure de tout occulte l’affection, la volonté et la relation, et le pouvoir technique non équilibré rend plus seul et plus exposé à la domination.

Chapitre 3 › Ce que nous ne pouvons pas perdre

Le texte du paragraphe — §113

En réalité, absolutiser une seule dimension de l’être humain est toujours une erreur. En effet, ce n’est pas seulement le manque qui engendre le désordre. Ce qui se développe sans mesure peut lui aussi devenir une forme de pauvreté. Dans un écosystème, l’harmonie se brise lorsqu’une seule espèce prolifère au détriment des autres. Chez l’être humain, il en va de même lorsqu’une faculté prétend devenir la mesure de tout. Ainsi, l’intelligence, si elle est absolutisée, finit par occulter d’autres dimensions essentielles de la vie : l’affection, la volonté, le dévouement ou la relation. Le pouvoir technique, s’il n’est pas équilibré, ne nous rend pas plus capables : il nous rend plus seuls, et plus exposés aux logiques de domination et d’exclusion. Il ne s’agit certainement pas de s’opposer à l’intelligence, mais de rappeler que celle-ci, lorsqu’elle se replie sur elle-même, oublie qu’elle est faite pour servir la vie et la personne humaine.

Les affirmations qu’il éclaire

Laurent Alexandre

  • Opposition — L’intelligence individuelle ne vaut plus rien face à l’IA : Le pape ne conteste pas la puissance de l’intelligence artificielle mais la mesure unique qu’il juge fausse : l’intelligence est faite pour servir la vie et la personne, et sa prétention à devenir la mesure de tout appauvrit l’humain au lieu de le valoriser.
  • Nuance — La fusion du cerveau avec l’IA met fin à l’autonomie intellectuelle individuelle : Le pape partage l’inquiétude d’une soumission de l’homme à la machine : le pouvoir technique, s’il n’est pas équilibré, rend plus seul et plus exposé aux logiques de domination, ce qui corrobore la crainte de la fusion cerveau-IA, sans que ce paragraphe la traite en tant que telle.

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